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Citation du jour

 » Heureusement que Jésus Christ n’est pas mort dans son lit. Sinon, en Bretagne, il y aurait des sommiers en granit à chaque carrefour.  »

J. Yanne

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Tenue correcte exigée

TENUE CORRECTE EXIGEE


Cela faisait deux heures qu’on palabrait dans la nicotine en suspension de la boîte de nuit. Avec Gilles, on regardait Jésus et son crâne plat, en train de rouler une pelle à sa copine Linda. Je ne comprends pas comment elle est arrivée à tenir deux ans de vie de couple en ignorant la bêtise de son Jules.

- Tu embrasses ton copain et j’ai l’impression que c’est pour moi que tu tends les seins, dis-je en crachant un nuage de fumée.

- Mon pauvre Jean, tu te rêves une femme. Paye-toi donc une pute, ironise-t-elle.

Elle s’arrange une mèche de cheveux derrière l’oreille en s’asseyant au fond du canapé tâché de coktail divers. Son tee-shirt blanc bleui par la lumière noire plisse sous ses seins.

- C’est de toi que je rêve, chérie, que je réponds avec un regard dans le décolleté.

- Eh, Jean ! Ça va ? C’est de ma femme que tu parles.

- Ouais. Et ta femme mérite un mec qui cause bien le français. Tu as remarqué comme elle dresse les tétons quand elle t’embrasse ? Non. Alors, regarde-la un peu plus et ne reproche pas aux autres de le faire à ta place.

- C’est la dernière fois qu’on t’embarque avec nous, me dit le crâne plat, énervé.

- Ça va, si on ne peut plus être franc avec ses amis, je vais aller faire l’hypocrite avec les poufiasses de ce bar.

- A parler comme ça, ça ne m’étonne pas que tu ne te trouves pas de gonzesses.

- A parler comme ça, ça m’étonne que t’en aies une.

J’écrase ma clope et me tire vers le bar.

- Quel con, s’énerve Jésus. Tu dis rien Gilles ?

- Moi, quand on parle de seins, je bande et j’aime bander en silence.

- Y’en a pas un pour rattraper l’autre, soupire Jésus.

Gilles et moi, cela fait une paye qu’on se connaît, on a écumé nos déprimes pendant longtemps sur le zinc des comptoirs. Ensemble, on s’est formé un esprit désabusé et ensemble, on a décidé de devenir alcoolique, non par provocation, mais par choix esthétique. On trouve les alcolos beaux, car ils ne cachent pas la misère profondément humaine qui nous anime tous. Gilles et moi, humains jusqu’au fondement, on se coltine Linda et son gnome à tête plate, quasiment tous les week-ends. Linda nous aime bien, même si elle trouve qu’on en fait trop, elle aussi, aime bien boire mais pas son gnome.

Tandis que je fouille mes poches à la recherche d’une cigarette à offrir à une greluche, j’aperçois Jésus qui gesticule sous le nez impassible de Gilles. Je sais qu’il adore le mettre en rogne. Mon paquet de Fortuna souple s’est complètement écrabouillé au fond de ma poche. La greluche enthousiasmée penche son lourd corsage en avant pour allumer la Fortuna tordue sur mon feu. Pas très jolie, mais excitante. Ses yeux chafouins me sourient au-dessus de ses grosses joues roses.

- Comment tu me trouves ?

- Bandante, tu ressembles à une petite fille de la campagne qui cherche son berger.

Elle éclate d’un rire sonore.

- Je ne trouve pas que tu as l’air d’un berger. Tu es trop pouilleux pour être digne d’un berger.

- Cela dépend de quel berger tu parles, y’en a qui se tapent leur brebis.

- Tu serais plutôt ce genre-là, mon chou. Comme ça tu me trouves bandante ?

- Plutôt oui.

- Toi, t’es pas très fantasmant. Mais tu dois certainement cacher ton jeu.

Par provocation, elle plaque sa main sur mon entrejambe.

- Mais tu bandes !

- Je t’ai dit que tu étais bandante.

Je l’ai ramenée à notre table. Le gnome s’essuie les yeux sur les courbes de Béatrice qui salue vaguement. Gilles se décale d’un cul pour lui laisser de la place. Elle s’assoit en réajustant son opulence. Linda s’en amuse. Jésus n’a rien perdu de la scène et se met immédiatement à lui faire la conversation, rien de plus que de pénibles banalités. Elle a la courtoisie de sourire en l’écoutant. Gilles l’interrompt.

- On va gagner du temps. Béatrice, montre-lui tes seins, il aura ce qu’il veut et ça nous épargnera son manque de conversation.

- Si la conversation t’emmerde, t’en mêle pas, Gilles ! Fais pas chier !

Puis, il se tourne vers Béatrice.

- Fais pas attention à ce…

Elle soulève son tee-shirt jusqu’au menton. Elle ne porte pas de soutien-gorge. Avec Gilles, on a rigolé. Jésus a bloqué un moment sur ces mamelles généreuses avant de comprendre qu’on le prenait pour un con. Il attrape une cigarette et se cache derrière la fumée.

- T’as de beaux seins, tu sais, dis Gilles.

- Sois pas vulgaire, Gilles, lui rétorque Linda. C’est pas la peine d’en rajouter.

- Tu me trouves vulgaire ? Non. C’est vrai qu’ils sont beaux, alors je le dis, lâche-t-il, effondré au fond du canapé.

- Merci, répond Béatrice avec ses grosses joues arrondies par son sourire.

- Vous savez, dis-je en prenant une bouffée de nicotine. Je pense que toutes les femmes devraient faire comme Béatrice. A chaque mec qu’elles rencontrent, hop, elles montrent leurs seins. Et le mec, non seulement, il sera content, mais il n’y pensera plus quand la fille sera en train de lui parler. Il ne passera pas sa soirée à les mater.

Soudain, Gilles se redresse sur le canapé.

- Linda. Montre-nous tes seins. C’est vrai, ça fait longtemps qu’on se connaît. Jean a raison. Après, j’arrêterai de fantasmer et tu deviendras autre chose qu’une paire de seins.

- Vous ne savez pas quoi inventer pour voir des nibards, les mecs.

Le crâne plat a sursauté.

- Bon, on se casse. Viens, Linda, j’en peux plus de ces guignols.

- Non, j’ai pas envie de partir maintenant.

- Ah ? Tu veux montrer tes nib ! Viens je te dis !

- Elle t’a dit qu’elle veut rester, s’énerve Gilles. Alors, toi, tu te casses, ça nous fera des vacances. Mais elle, elle reste !

Jésus écrase violemment sa clope au fond du cendrier et se tire en nous laissant la note de ses consommations. Sitôt qu’il est parti, je relance Linda.

- Attends !

Elle trempe ses lèvres, son cou ondule quand elle avale.

- Si toutes les femmes devaient montrer leur poitrine aux hommes, eux aussi devraient donner le change.

- T’as complètement raison, s’exclame Gilles en se levant.

Il défait sa ceinture, la clope au bec. Il déboutonne son pantalon et nous sort sa queue au-dessus de la table. Je n’avais jamais vu la queue de mon pote. Il la secoue un peu, joue avec un moment. Ça amuse drôlement les filles. Je serai incapable de dire si c’est beau ou pas. J’ai plutôt l’impression que le change est tronqué, les deux galbes qu’elles nous offrent n’ont rien à voir avec un petit ou gros machin ratatiné et fripé. Il range son affaire.

- Bon, tu vois. C’est facile, dit Gilles

- J’ai l’impression d’être à la maternelle, dit-elle en souriant.

- Exact, m’exclamé-je. De ce côté-là, on n’a pas évolué, depuis, je dirai même qu’on a régressé. On n’en faisait pas des tonnes à cette époque. On se montrait, on satisfaisait notre curiosité, voilà tout. Putain d’héritage chrétien !

Linda passe les mains dans son dos.

- C’est bon, mais après c’est à toi Jean.

Elle dégrafe son soutien-gorge et soulève son tee-shirt. Ils sont pointus et tendus vers l’avant comme je les imaginais.

- Ils sont mignons, dit Béatrice. A toi Jean.

- Vous voulez que je le fasse maintenant ?

- Oui. Pourquoi ? T’as peur ? me lance-t-elle d’un air narquois.

- Non, je bande, c’est tout. Je préviens. Alors, vous voulez voir ?

- Plus que jamais, me fait Béatrice.

Je me déboutonne et me léve pour exhiber mon excitation. Gilles éclate de rire, il croyait que je blaguais. Linda fait remarquer qu’elles sont plus belles quand elles sont dures. Béatrice est bien d’accord.

On a continué la soirée à boire. Les contacts physiques se sont multipliés sans arrière-pensées, juste parce que quelque chose avait disparu, une gêne débile provenant d’une morale décrépie, plantée sur un manche à balai.

On a laissé Gilles et Linda rentrer seuls. J’ai emmené Béatrice chez moi. On s’est embrassé, je bandais. J’ai senti qu’elle aussi. Béatrice s’appelait en vérité Ramon Perez.

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Citation du jour

 » L’amour c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et saoûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.  »

L. F. Céline

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